« Ce lundi, je croise un collègue qui me demande comment a été cette Fête, si rien de grave n’est à déplorer ».
Un instant, j’ai eu l’intention de lui dire que tout s’était parfaitement déroulé et que rien de grave ne s’était produit, mais je me suis ravisé. En effet, si je lui avais dit cela, j’aurais tout simplement passé sous silence tout le travail de celles et ceux qui œuvrent pour les autres et pour que la fête soit belle ; leur fête, mais pas la nôtre. J’aurais omis de relever tout le travail de préparation, de planification et toutes les heures effectuées pour assurer notre mission de sécurité, de protection et de service. Nous ne gagnons rien de la fête, bien au contraire, elle nous coûte. J’aurais aussi caché le stress du travail, de l’imprévisible qui nous attend à chaque seconde et aussi la fatigue légitime de chacun.
Alors j’ai commencé à lui dire que nous étions déjà tous sur le pont jeudi. Pourquoi jeudi, m’a t’il rétorqué ? Et bien jeudi, c’était la réception de notre nouveau Conseiller fédéral et puis le match. Oui, il y a cette tendance à tout oublier. Ce sera la même chose dans quelques jours pour la Fête des vendanges. Lorsqu’à 24 heures le dimanche, on jette un regard sur la rue, c’est ignoble. Mais, le lundi après le travail titanesque du personnel de la voirie, la route a été balayée puis lavée et plus de trace de la fête. De temps en temps, un confetti resté coincé et nous rappellera que quelques tonnes de ses congénères auront envahis les aires, se seront agrippés aux cheveux ou aux habits du public et auront tentés de s’infiltrer dans des endroits inattendus avant de finir dans la benne à ordures. D’autres feront de la résistance et occuperont les canalisations de la ville. Ils seront emportés par les premières pluies et tourbillonneront à la station d’épuration.
Pour nous, la Fête des vendanges est une mission qui se prépare toute l’année. L’occupation du domaine public se fait une année à l’avance par le service de la voie publique. Il y a tous les contrats et les plans d’occupation du domaine public à établir, la coordination avec les autres services de l’administration et de la police. Puis arrive le temps des séances de coordination avec le comité de la fête, afin de régler les détails de la manifestation. Suivra l’élaboration de l’autorisation pour l’organisateur où nous devrons prévoir l’imprévisible et traiter comme pour cette année, une nouvelle autorisation pour le feu d’artifice. La planification de l’engagement du personnel prend le relais, en effet, il faut adapter l’effectif à l’évolution de la situation. Pour mettre les bonnes personnes aux bonnes places et au bon moment, il ne suffit pas d’avoir un ordinateur dernier cri, il faut avoir un excellent niveau d’analyse et une bonne expérience. Il faut également faire le nécessaire, afin de planifier l’équipement, la signalisation, les moyens de liaison et de transport. Il faut aussi planifier, commander et réserver la subsistance et les locaux nécessaires à la conduite des rapports.
Lorsque les plans sont établis, que le personnel est planifié sur le papier, vient le moment de vérité, le début de l’engagement. Là, on travaille sans filet, si ce n’est la présence du coordinateur qui a pour mission de trouver rapidement une solution à ce qui n’aurait pas été prévu ou planifié. Du premier coup d’œil, on remarquera s’il y a une fébrilité ou si tout se fait dans le calme. On aura immédiatement une image de l’état d’esprit du personnel engagé, par un mot, une parole, une mimique, un sourire et une poignée de mains.
C’est parti, les collaborateurs, les volontaires, les collègues arrivent, par groupes et gonflent l’effectif prévu dans le domaine de la circulation ou de la prévention. Juste mis en place et déjà le public envahit la ville, d’abord par grappes puis par vagues, pour terminer par une marée humaine qui submerge la ville pour rendre son cœur infranchissable. Les carrousels donnent le ton et la musique. Le premier signal de départ, les cris hystériques de celles et ceux qui se risquent sur les manèges. Tous ces manèges ont fait l’objet d’un contrat et leurs emplacements déterminés et contrôlés par la voie publique de la police de la Ville. C’est également les dernières demandes à la réception du corps de police, afin d’obtenir l’autorisation de charger ou décharger du matériel dans son stand. C’est les téléphones au central pour un problème de circulation ou de stationnement, des chiens qui aboient et des véhicules qui gênent la manœuvre. Le dernier bus franchi le barrage et se risque encore à transiter sur la place Piaget. La radio crépite, pour une demande, un contrôle ou une information. Les derniers stands s’installent sur le 1er Mars.
On est immergé et à l’écoute de tout ce qui se passe. Le cœur, c’est notre central où le personnel se relaie 24 heures sur 24. Il répond à la réception, au téléphone et à la radio. Être à la centrale ; c’est presque être au cœur de la fête, sans la cohue, les bousculades et les bonnes odeurs qui marquent le début de la fête. Puis, c’est les équipes qui se relaient, les données d’ordre et les rapports de fin de service qui se succèdent, les collaborateurs qui se croisent, se transmettent des informations, boivent un café ensemble ou partagent un repas. Une petite précision, le repas de midi n’existe pas, ce n’est jamais à midi que l’on mange, il faut être dans le terrain aussi à l’heure des repas.
Les postes de circulation sont en place et orientent les conducteurs sur les parkings privés. On doit remplir ceux-ci avant de mettre les véhicules sur le domaine public. Le transit est assuré, le passage des transports publics également.
Les premières patrouilles opèrent déjà dans le secteur de la fête, en civil au cœur, en uniforme en bordure et en couverture des secteurs extérieurs. Gendarmes et policiers ensembles pour une même mission, la sécurité et le service. Les chasseurs sont dans le terrain. Leur présence porte bientôt ses fruits.
Tous les styles de musique rivalisent, c’est à qui peut mettre le plus fort ! C’est le signe que là, il y aura du monde et que ce secteur deviendra bientôt infranchissable ; c’est aussi le signe qu’il faudra intervenir, afin de faire cesser la musique si l’on veut fermer la fête à l’heure prévue. La lune monte dans le ciel, des patrouilles courent sur un lieu de bagarre. Tout est rentré dans l’ordre. Un autre appel et à nouveau le mouvement des policiers, dans un secteur et dans un autre. Puis c’est un peu plus calme, vite le moment de se restaurer et de faire l’administratif. Tout le monde est sur écoute. Quelques personnes sont amenées au poste pour les contrôles d’usage. « A tous de Chanet, enfant perdu » Ce message qui peut sembler d’un premier abord anodin, puisque jusqu’à ce jour, nous avons retrouvé rapidement tous les enfants perdus, laisse toujours une part d’inconnue. Plus les minutes s’écoulent et plus il faut prévoir le pire et réfléchir, afin de réorienter l’organisation sécuritaire. C’est la question de base de toute conduite. « A tous de Chanet, enfant retrouvé » Ouf, mais jusqu’à quand ?
La fête est le terrain idéal pour les prédateurs. Il y a ceux qui dépensent à la fête et ceux qui s’enrichissent. Il y a les inconscients qui vaquent le sac en bandoulière derrière avec le porte-monnaie à l’intérieur bien entendu. Il y a aussi ceux qui, l’occasion s’offrant, l’alcool aidant pourraient se laisser dominer par leurs pulsions.
Dans ce domaine nous ne sommes pas armés, bien que nous puissions couvrir ou boucler rapidement un secteur important. Trop de temps s’écoule encore entre le moment de la disparition et l’annonce à la police. On doit parler en secondes, pas en minutes.
Arrive le moment de faire taire la musique, pas simple, mais c’est le seul moyen de boucher la première nuit de la fête. Ce qui était prévu arriva et c’est toujours les mêmes qui ont des problèmes pour arrêter la musique et ce sera comme cela les trois nuits. C’est une mission de l’organisateur, qui préfère ne rien faire, c’est plus gratifiant. Alors, pour préserver l’intérêt général, c’est la police qui le fait. Puis, par on ne sait quel processus, arrive le temps des bagarres. Un de mes collaborateurs avait cette explication plausible « Lorsque la musique s’arrête, chacun entend ce que lui disait l’autre » et c’est peut être une des raisons. Mouvement des patrouilles d’un côté, de l’autre avec toujours pour finalité, une situation sous contrôle. C’est 4 heures, mission : Fermer la fête ! Nouveau défi pour la police, toujours aucun intérêt pour l’organisateur; on sait que fermer la fête n’est pas gratifiant. Petit à petit, les choses avancent, les véhicules de la voirie sont là, les balais et les hommes entrent en action. L’odeur est différente, c’est un mélange bizarre, avec une forte prédominance pour l’acide urique. Enfin la fin de la première nuit, bilan de la situation, permanence assurée. La ville est propre, quelques cadavres (bouteilles) par-ci, par-là. 5:30 heures, la cantine de la place des Halles est propre et la place aussi. Nouvel arrivage de véhicules, cette fois c’est les maraîchers qui reconquièrent leur place et même la cantine sous l’œil de la voie publique de la police. Un nouveau public d’habitués arrive, sacs sous le bras, légumes, champignons et fruit, le tout est à leur disposition. Les terrasses se remplissent et le soleil brille. On vient de débuter la deuxième journée. Les policiers sont présents dans le terrain « Voir et être vu », la devise est appliquée. Les stands se réveillent, le public est local, puis lorsqu’arrive la fin de journée, c’est tout le secteur du centre qui est congestionné. Mais le public mue, il vient de plus loin, il est différent. Même la tension a changée. Elle n’est plus aussi bon-enfant, mais n’est pas encore électrique. 20 heures, c’est le secteur du Quai Osterwald qui, pour la première fois dans le cadre de la Fête des vendanges est envahi. En effet, il y aura un feu d’artifice musical dans la baie de l’Evole et c’est une première. 20:15 le Quai est saturé, le ciel est dégagé et la lune, comme gênée, ne laisse apparaître qu’une infime partie de son astre. Tic Tac, c’est parti pour 27 minutes de folie. Le ciel s’embrase et le centre-ville est toujours bondé. Des yeux sont rivés vers les cieux et d’autres dans les verres. Déjà la fin, la masse se déplace et vient sursaturer le centre. Tout se passe dans le calme, cette fois, tout est « chevillé ». Il faut aux policiers faire preuve d’imagination, afin de trouver de nouveaux itinéraires de déplacement.
Le dispositif de circulation a parfaitement fait son travail. Les forces en présence sont d’un policier pour 3’500 personnes. Ça bouge, les agents courent, transpirent, ont des cloques aux pieds. Ils se renforcent mutuellement en cas d’appels. Un appel saccadé d’une collaboratrice rameute toutes les patrouilles disponibles dans le même secteur et en quelques minutes. Les porte-monnaie s’envolent dans les poches des prédateurs et les victimes se pressent à notre réception. La tension est remontée d’un cran. On ne sait pas où ça pourrait partir et on observe, on analyse, afin de déterminer le meilleur emplacement de la patrouille dans le terrain. Même le bord du lac est envahi par le public. Il règne dans ce secteur une petite odeur de cannabis. C’est un public jeune, tous les styles sont confondus et cohabitent. Ce n’est pas le style qui est déterminant, mais l’état de la personne. Les policiers couvrent tous les secteurs, restent visibles où la situation pourrait dégénérée. La nuit avance et le taux d’alcoolémie de certains encore plus rapidement.
Le service DODO est engagé, afin de prendre en charge ceux dont l’état d’ébriété ne devrait pas provoquer de problèmes médicaux. Il faut voir la protection plastique des véhicules de transport pour comprendre toute la complexité de cette prestation gratuite qui est un sacerdoce. Il s’agit d’un service bénévole. DODO service, ce n’est pas la fête, mais aussi la fête. Il y a l’ambulance que l’on appelle pour les comas éthyliques. C’est l’heure de faire cesser la musique et ça devient toujours plus difficile, beaucoup d’énergie pour faire respecter des règles évidentes. Les femmes et les hommes des équipes de policiers se croisent dans les locaux, la réception se remplit. Pour certains, vite encore une. Pour d’autres c’est celle de trop. La tête n’a plus la commande du corps et il y a longtemps que l’esprit est déconnecté. La ville est sale, l’odeur de l’acide urique toujours plus forte. 3, 4 interventions dans le même secteur de la fête et quelques personnes sont conduites dans nos locaux pour identification et éventuellement dénonciation. Rebelote à toutes les patrouilles, « Faites fermer les stands ». Si on passe à cette heure là, on dit « mission impossible ». Et pourtant ; les secteurs sont répartis et les collaborateurs effectuent cette fermeture. Déjà la voirie est présente, les feux oranges des véhicules tournoient dans la nuit entre les invétérés qui n’en finissent pas de refaire la fête. Lentement, mais sûrement le bouclement de la fête se fait. La réception ne désemplit pas et les téléphones sonnent toujours. Pour quelle nouvelle, est-ce grave ? Dans le secteur des Beaux-Arts et sur l’Avenue du Premier-Mars, une autre agitation se met en place. Il faut contrôler que le secteur soit libéré de véhicules pour la préparation et le cortège du dimanche.
Il est 6 heures, c’est plus calme, les équipes ont changées et les nouvelles missions ont été données. La ville est presque propre et le sera dans tous les cas dans quelques heures.
A 8 heures, la salle des rapports du service de la circulation est presque trop petite. Tout le monde est là, afin de recevoir les missions de la journée, qui est la plus importante pour ce service dans le cadre de la manifestation. Il faudra boucler, tenir, filtrer, contrôler, déplacer, orienter, faire circuler et dénoncer. Plusieurs tenues se côtoient, mais toutes ont la même envie : servir. La ville se réveille et d’autres n’ont pas dormi, pour quelques uns, « les nains sont encore à l’œuvre ». Cette fois, ça s’anime un peu plus et la musique des forains est plus qu’audible. Le public arrive et encore un autre public, des familles avec les enfants et les petits dans les poussettes. Pas de problème de sécurité pour l’instant. Les hommes de la prévention sont dans le terrain et le dispositif de circulation fonctionne. Cette fois le public s’est massé sur le parcours du cortège, alors que le centre de la fête est franchissable. Franchissable ne voulant par dire vide ; mais on peut y passer au pas et se frayer un passage sans trop de problème.
Un grand boum retenti, c’est le signal de départ du cortège. Nous nous préparons à l’après cortège où la ville devra essuyer la déferlante des visiteurs. Nous devons également nous préparer à la disparition des enfants. A la réception, on trie les objets trouvés et informe les détenteurs de ceux-ci, on fait un peu d’ordre dans tous ce qui nous est apporté. Cela va du soutien-gorge au téléphone portable de dernière technologie, en passant bien entendu par les porte-monnaie qui gonflent la caisse prévue à cet effet. Le téléphone sonne toujours et les radios transmettent des informations routières principalement. La secrétaire se concentre sur les données informatiques et sur le communiqué de presse. En effet, vers 15:30 heures, Monsieur le Directeur passe dans nos locaux, pour prendre connaissance de la statistique sécuritaire et recevoir le communiqué de presse qu’il donnera à l’occasion « Du coup de l’étrier ». Quelques sueurs froides, on peste contre l’informatique qui n’accepte plus un transfert simple de tableaux.
Tout rentre dans l’ordre, on trouve une autre solution et l’imprimante crache ses pages alors que Monsieur le Directeur, content du résultat sécuritaire rejoint la séance, avec 3 pages encore chaudes.
Police de la ville de Neuchâtel, bonjour ! « J’ai perdu ma fille, elle a………. ». A tous de Chanet, la petite …… a quitté la surveillance de ses parents ». Recherches dans le terrain et bientôt le message annonçant que la petite a été retrouvée. La foule envahit la ville et le secteur de la fête. Des chevaux, des lions s’ébattent dans le ciel ; on a pourtant pas fait la fête. Mais, au sol des enfants pleurent la disparition de leur ballon. La nuit arrive, la lune est toujours aussi gênée, la musique fracasse les dernières résistances antibruit et tout est chevillé. Les équipes s’échangent, les cadets repartent sur Bâle en promettant de revenir l’année prochaine. Les volontaires reprennent le relais sur les barrages de circulation et les déviations. Quelques stands se démontent déjà et pourtant il est encore tôt. Les camionnettes et les camions s’entassent sur les axes conduisant à la zone des stands. Il est 23 heures et l’heure de stopper la musique ! Toujours aussi difficile, toujours les mêmes résistances et les mêmes résistants jusqu’à la dernière. Il ne faudrait surtout pas louper la 120ème reprise du tube des années 60 ou 2030. Encore un dernier verre de cette mixture fluorescente qui agit sur les trippes, l’estomac et la tête. Les camions qui piétinaient ont été lâchés et slaloment afin d’atteindre le stand à démonter. La route est couverte de toutes sortes de déchets, elle est «confettis» de couleur. Il est 24 heures, c’est la fin virtuelle et c’est le combat qui commence pour atteindre la fin réelle. Il faut le voir pour le croire ! Ca se passe gentiment, sans casse. Les dernières poches de résistance sont prisent les unes après les autres. Les derniers fêtards envahissent une discothèque de la place, la situation est électrique, les policiers sont présents. Il est 2 heures du matin, la voirie balaie, nettoie et lave la route. C’est à nouveau tout propre, comme s’il n’y avait pas eu de fête. Deux jeunes passent avec des cartons sur les bras, des policiers courent. Les jeunes sont interpelés, les cartons étaient le produit d’un vol dans un stand. Un jeune devient très agressif envers les agents, de force il sera conduit dans nos locaux. Un médecin le consultera et nos hommes le conduiront au BAP pour y passer le reste de cette dernière nuit de l’édition 2009 de la Fête des vendanges. Les hommes remplissent les derniers documents et nous passons le relais à la CET à 3 heures ce lundi matin. Ce n’est pas fini pour autant, dès l’ouverture du poste, téléphones à la centrale et personnes à la réception pour des plaintes, des recherches d’objets ou la reprise d’objet trouvés. Cette situation va durer encore 15 jours environ, puis, nous aurons tiré le bilan de notre engagement dans le cadre de notre mission de garant de la sécurité publique pour la plus importante manifestation annuelle du canton de Neuchâtel.
Hé oui, pour moi, il ne s’agit pas la Fête des vendanges, au sens de la Fête, mais la plus importante mission de sécurité publique que nous ayons à assurer. C’est du travail et c’est le cas pour vous tous. Mais cette mission c’est ça et encore bien d’autres choses que je ne puis décrire au risque d’être long et barbant. Lorsque tout va bien, c’est comme si on avait rien fait et chacun s’attribue le résultat sécuritaire de cette manifestation. Par contre, un seul événement grave et tous les regards qui convergent vers nous. Où était la police, qu’a fait la police, la police devait ; dérapage de la police et personne à ce moment ne souhaiterait être à notre place et personne n’envisagerait un seul instant prendre notre place. Nous ne sommes pas responsables de tout, il y a la responsabilité de l’organisateur, des exploitants des stands et des métiers forains, des constructeurs et des fabricants, des cuisiniers, des chauffeurs, des conducteurs et de chacune des personnes composant le public présent.
Samedi, quelques secondes avant le cortège des enfants, un policier constate que le chauffeur sensé conduire le camion de confettis (toujours ces confettis) n’est pas apte du tout à rentrer dans sa cabine et bien entendu encore moins de conduire le camion en question.
Une foule importante est amassée sur les abords d’un parcours sinueux. Il lui interdit de prendre le volant et ordonne son remplacement. Le cortège s’ébranle et se boucle sans problème.
Essayez d’imaginer quelques secondes les circonstances d’un drame possible et ses suites pour les victimes, pour la fête et pour les responsables. Il ne s’agit pourtant pas d’une fiction, mais la chance était là et le policier aussi. Peut être qu’à une autre occasion, les deux seront absents !
C’est ma 20ème mission de sécurité publique que je conduis à l’occasion de la plus importante manifestation annuelle du canton de Neuchâtel qu’est la fête des vendanges. Chaque année, vous adaptez les dispositifs, affinez les décisions et les mesures, planifiées, les engagements, conduisez les services et œuvrez pour la sécurité publique ; je tiens à vous féliciter, à tous les niveaux pour cet engagement.
Vous avez été très bons !
Merci et félicitations à celles et ceux qui nous ont renforcé, les volontaires, les cadets et le personnel de la police neuchâteloise. L’ambiance était parfaite et le travail aussi. Merci au Lt col Keller, officier de liaison qui a passé la fête à mes côtés et dans le terrain avec ses hommes. En 20 ans, c’est le premier cadre de la police neuchâteloise qui vit cette mission avec nous.
En conclusion, je n’ai pas eu le temps d’expliquer à mon collègue ce qu’était notre engagement dans le cadre de cette mission de sécurité générale, mais je lui ai expliqué que s’il n’y avait rien de grave à déplorer, c’était pour nous policiers, un engagement totalement réussi.
Commandant de la police de la ville de Neuchâtel
Chef d’engagement du dispositif sécurité publique et circulation « Fête des vendanges 09 »
Cap J-L. Francey
Cette mission en quelques chiffres :
13'300
Véhicules stationnés